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Paul Goldschmidt on European Stabilisation Mechanism : symbol of a Europe less and less understandable for the citizen

21st February 2012

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By Paul Goldschmidt, former Director at Goldamn Sachs International, former Director at the European Commission (1993-2002), member of the Advisory Board of the Thomas More Institute.

 

France should be the first country to adopt legislation covering the creation of the ESM. It will, however, only become operational after ratification of the Intergovernmental Treaty (EU 25) on budget discipline which should be signed early next March. Indeed, access to the ESM is subject to the ratification by the applicant of the Treaty which will only enter into force after its adoption by at least 12 of the 17 EMU Member States. This can only be envisaged for the end of the year at the earliest, if its foundations (ESM and Treaty) were not contested by a new French President or were not ratified by one of its main signatories (Germany).

If markets are welcoming (maybe somewhat hastily) an agreement on the disbursement of the new aid package to Greece, which should avoid an imminent disorderly default, there are a growing number of factors that are being brushed aside: the level of acceptance of the “voluntary” debt exchange offer by then private sector, the contribution of the ECB to the process, the political and popular acceptance of the new austerity and external control measures in Greece, the commitments of the future Government after the elections next April, the recapitalisation of Greek banks. Any one of these factors can derail the entire bailout procedure and result in cross border contagion that could spell the collapse of EMU.

Furthermore, the ratification of the Treaty on budgetary discipline will also run simultaneously with the adoption of the latest Commission proposals which reinforce significantly its powers to intervene in the budgetary processes of the 27 EU Members (the “two pack”). The European Parliament is bound to use this opportunity to compensate for its marginal involvement in the introduction of the ESM and the intergovernmental Treaty. Under these conditions, there is ample opportunity to derail the adoption of the delicate complex system of both an “integrated economic and budgetary” policy alongside a “crisis management” mechanism that are both ambitious and indispensable. Their implementation within a reasonable timescale compatible with the requirements of the crisis appear largely compromised from the outset, as long as the dogmatic positions and (apparent) contradictory interests between Northern and Southern Members states prevail. If an economic recovery fails to materialise, markets will once again focus on the obvious weaknesses and structural flaws in the existing system.

The polemic surrounding the ratification of the ESM has, naturally, invited itself into the French presidential election campaign. The main candidates – who have both purported to put “France” at the centre of the political debate – should be encouraged to focus on “Europe” insofar as they both recognise that it is only within a “Strong Europe” that a “Strong France” and its partners can hope to overcome the crisis.

Within this context, the divergences between the socialist party and the UMP on the vote on the ESM only add to the uncertainty by creating doubts on the attitude of France in the aftermath of the election. On a purely tactical level, this situation is rather more supportive of the outgoing President because, perversely, market reaction is likely to be more negative in the case of a likely socialist victory and its threat of renegotiating the hard fought integration process. As we have already mentioned, there are already too many reasons for the whole process to unwind.

Finally, it is necessary, once again, to underline the complexity of the “financial” agreements which are the result of perpetual laborious compromises and which have made the European project totally incomprehensible for the average citizen. A policy consisting in pushing into the future the necessary structural reforms concerning the institutional European framework is a godsend for populists and encourages even those that purport to be European minded to adopt the clothes of nationalism.

“Outside of Europe, no hope of salvation!”: that is the plain truth that the presidential candidates – purportedly concerned with the wellbeing of the French – should have the courage to present to voters as being the only framework within which the country can hope – admittedly with necessary efforts and sacrifices – to restore its economy, its finances and its educational system thereby ensuring the future “aura” to which France is so attached.  

 

Mécanisme européen de stabilité : symbole d'une Europe incompréhensible par le citoyen

 

La France devrait être le premier pays à adopter la législation sur le MES qui ne sera, cependant, opérationnel qu’une fois ratifié le Traité intergouvernemental (à 25) sur la discipline budgétaire dont la signature est prévue début mars prochain. En effet, l’accès au MES est subordonnée à la ratification par le requérant du traité, lequel n’entrera de toute façon en vigueur qu’une fois approuvé par au moins 12 des 17 pays Membres de l’Eurozone. Cela ne peut donc s’envisager avant la fin de l’année si, d’aventure, son principe même (du MES et du Traité) n’était pas remis en cause par un nouveau Président. 

Si les marchés se réjouissent (peut-être trop vite) d’un accord sur le déboursement de l’aide à la Grèce qui lui permettrait d’éviter une « faillite » désordonnée imminente, le nombre de facteurs sur lequel on fait l’impasse ne fait qu’augmenter: taux d’acceptation de l’échange de dette « volontaire » par le secteur privé, contribution de la BCE au processus, acceptation « politique » et « populaire » des nouvelles mesures d’austérité et de contrôle extérieur en Grèce, engagements du Gouvernement grec issu des élections d’avril prochain, recapitalisation des banques grecques. N’importe lequel de ces facteurs peut faire dérailler le processus de « sauvetage » de la Grèce et ouvrir la porte à un processus de contagion qui sonnerait le glas de l’UEM.

Or, la ratification du Traité sur la discipline budgétaire va aussi interférer avec l’adoption des dernières propositions législatives de la Commission concernant un renforcement significatif de ses pouvoirs d’intervention dans le processus budgétaire des 27 pays Membres de l’UE (le « deux pack »). Le Parlement Européen y trouvera certainement l’occasion de compenser sa position marginalisée dans la mise en œuvre du MES et du Traité intergouvernemental. Dans ces conditions, le moindre grain de sable dans le processus de mise en place d’un système cohérent de « gestion intégrée des politiques économiques et budgétaires » et d’un mécanisme de « gestion des crises » est capable de faire capoter l’ensemble de ce programme aussi ambitieux qu’indispensable. Sa concrétisation dans des délais raisonnables et compatibles avec les exigences de la crise semblent, de prime abord, largement compromise tant que subsisteront les divergences profondes entre les positions dogmatiques et les intérêts (apparemment) contradictoires entre les pays du Nord et du Sud de l’UE. Si une reprise économique ne se concrétise pas, les marchés se focaliseront à nouveau sur les faiblesses et carences manifestes du système en place.

La polémique sur la ratification du MES s’est évidemment invitée dans la campagne présidentielle française. Les candidats principaux – qui ont appelé, lors du lancement de leurs campagnes respectives, à mettre la France au cœur du débat politique – seraient avisés d’y mettre plutôt l’Europe dans la mesure où ils reconnaissent que c’est seulement au sein d’une « Europe Forte » que la France « Forte » (sic.) et les ses partenaires peuvent aspirer à surmonter la crise.

Dans ce contexte, la divergence entre le parti socialiste et l’UMP sur le vote sur le MES ne fait qu’ajouter aux incertitudes en faisant douter de la position de la France à l’issue du scrutin présidentielle. Sur le plan purement tactique, cette situation est plutôt favorable au Président sortant car d’une manière perverse, la réaction des marchés devrait être de plus en plus négative si la perspective d’une victoire des socialistes se profilait avec sa menace de remettre en cause le processus d’intégration. Comme nous l’avons souligné, il existe déjà trop de raisons pour lesquelles ce processus peut dérailler.

Finalement, il convient, une fois de plus de souligner que la complexité des accords « financiers » résultant de la recherche perpétuelle d’un compromis, a rendu le « projet européen » totalement illisible pour le citoyen. Une politique de « fuite en avant » qui consiste postposer les réformes structurelles de fond concernant le fonctionnement institutionnel de l’Europe fait le lit des « populistes » et encourage même ceux qui se déclarent « européens » à endosser le costume du nationalisme.

« Hors de l’Europe point de salut ! » : voilà la vérité incontournable que les candidats –  soucieux du bien être des français – devraient avoir le courage de présenter aux électeurs comme le seul cadre qui permettra au pays – certes au prix d’efforts et de sacrifices inévitables et en tenant compte des aspirations légitimes des partenaires – de restaurer son économie, ses finances, son système éducatif et par conséquent son « rayonnement » si chère à la France !  

 

The article can also be found on the website of the Institut Thomas More: http://www.institut-thomas-more.org/actualite/european-stabilisation-mechanism-symbol-of-a-europe-less-and-less-understandable-for-the-citizen-2.html

 

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